Citations

 

 

« Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. »

« La véritable éducation consiste à pousser les gens à penser par eux-mêmes. »

Noam Chomsky

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.
En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. »

Marguerite Yourcenar – Les yeux ouverts.

« M. Barthe, ministre de l’instruction publique de M. Laffitte, est venu de lui-même consulter Joseph Jacotot : que faut-il faire pour organiser l’instruction que le gouvernement doit au peuple et qu il entend lui donner selon les meilleures méthodes? Rien, a répondu le fondateur, le gouvernement ne doit pas l’instruction au peuple pour la simple raison que l’on ne doit pas aux gens ce qu’ils peuvent prendre par eux-mêmes. Or l’instruction est comme la liberté : cela ne se donne pas, cela se prend. »

Jacques Rancière – Le maître Ignorant

« -En effet, repris-je, un homme sensé se rappellera que les yeux peuvent être troublés de deux manières et par deux causes opposées : par le passage de la lumière à l’obscurité, et par celui de l’obscurité à la lumière; et ayant réfléchi qu’il en est de même pour l’âme, quand il en verra une troublée et embarrassée pour discerner certains objets, il n’en rira pas sottement, mais examinera plutôt si, venant d’une vie plus lumineuse, elle est, faute d’habitude, offusquée par les ténèbres, ou si, passant de l’ignorance à la lumière, elle est éblouie de son trop vif éclat; dans le premier cas il l’estimera heureuse en raison de ce qu’elle éprouve et de la vie qu’elle mène; dans le second, il la plaindra, et s’il voulait rire à ses dépens, ses moqueries seraient moins ridicules que si elles s’adressaient à l’âme qui redescend du séjour de la lumière.
-C’est parler, dit-il, avec beaucoup de sagesse.
-Il nous faut donc, si tout cela est vrai, en conclure ceci ; l’éducation n’est point ce que certains proclament qu’elle est ; car ils prétendent l’introduire dans l’âme, où elle n’est point, comme on donnerait la vue à des yeux aveugles.
-Ils le prétendent, en effet.
Or, repris-je, le présent discours montre que chacun possède la faculté d’apprendre et l’organe destiné à cet usage, et que, semblable à des yeux qui ne pourraient se tourner qu’avec le corps tout entier des ténèbres vers la lumière, cet organe doit aussi se détourner avec l’âme tout entière de ce qui naît, jusqu’à ce qu’il devienne capable de supporter la vue de l’être et de ce qu’il y a de plus lumineux dans l’être; et cela nous l’appelons le bien, n’est-ce pas?
-Oui.
-L’éducation est donc l’art qui se propose ce but, la conversion de l’âme, et qui recherche les moyens les plus aisés et les plus efficaces de l’opérer; elle ne consiste pas à donner la vue à l’organe de l’âme, puisqu’il l’a déjà; mais comme il est mal tourné et ne regarde pas où il faudrait, elle s’efforce de l’amener dans la bonne direction. »

Platon – La république (livre VII)

« Si l’on perd le contact avec la nature, on perd le contact avec l’humanité. Coupé de tout rapport avec la nature, on devient un tueur. On peut alors massacrer des bébés phoques, des baleines, des dauphins et des hommes, pour le profit, le « sport », pour sa nourriture ou au nom de la science. (…). Il est possible que vous sachiez tout cela, mais cette connaissance ne peut nullement vous transformer. Ce n’est qu’en éprouvant le sentiment de faire partie intégrante du tout que vous serez relié à l’univers. »
Jiddu Krishnamurti

« Il est temps de redonner aux enfants des espaces de jeux libres, pensés pour et par les enfants, afin qu’ils puissent explorer le monde, découvrir les matières, concevoir et créer ensemble….en somme, VIVRE! Des lieux adaptés et sécurisés raisonnablement, et non plus des lieux aseptisés qui briment les enfants. »

“Il n’y a pas une « méthode », il y a un enfant”

« Je ne peux que m’insurger face à cette violence éducative ordinaire que les enfants subissent : humiliation physique visible, mais parfois insidieuse et pernicieuse puisqu’invisible, lorsque les mots violents touchent le psychologique (et donc le psychique). Violences qui à longueur d’épreuves, marquent les enfants dans leur chair et impriment dans leur cerveau les traces de ces odieuses expériences négatives infligées par l’adulte. Fatalement, ces enfants devront apprendre à vivre avec et à se reconstruire.
Il faut absolument éloigner ces bourreaux, qui reproduisent des schémas éducatifs violents, qui n’ont rien à faire auprès des enfants, et qui détruisent et annihilent nos enfants et qui plus largement aliènent l’humanité »

Adeline Charneau.